J'ai vécu de longues années en Amérique. Chers Américains, voici l'addition.
Ce qui m'agace chez vous, chers Américains
Aujourd'hui, on change de registre : voici mon coup de gueule contre les États-Unis. Partout où je suis allé dans le monde, ce sont toujours les touristes américains qui se plaignaient le plus du pays visité. Oui, c'est bien de vous qu'il s'agit, chers Américains. J'ai surtout écrit cet article pour vous, pour que vous sachiez enfin ce que ça fait d'entendre un étranger râler contre votre pays. Bien sûr, je le fais avec bonne humeur et sans agressivité, et en connaissance de cause : j'ai moi-même vécu de nombreuses années aux États-Unis.
- 1Les Américains sont bien trop susceptibles
- 2Tout est « awesome » !
- 3Un sourire ne veut RIEN DIRE
- 4Le pourboire
- 5Des prix faussés partout
- 6Un marketing kitsch et agressif
- 7Une frénésie de consommation et de gaspillage
- 8Les origines
- 9Contrôles d'identité et lois absurdes sur l'alcool
- 10Les grands groupes gagnent à chaque fois, jamais les petits commerces
- 11Un pays conçu pour les voitures, pas pour les gens.
- 12Toujours pressés.
- 13L'obsession de l'argent
- 14Des portions malsaines
- 15Une vision déformée du monde & l'exceptionnalisme américain

Précision importante : il y a évidemment beaucoup de choses que j'adore en Amérique. Mais il y en avait aussi trop qui me tapaient sur les nerfs, et il fallait que ça sorte.
Je n'ai aucune envie de me lamenter sur la politique étrangère ou l'économie. Il s'agit uniquement de mes agacements dans la vie quotidienne aux États-Unis. C'est un pays immense et impossible de mettre ses quelque 342 millions d'habitants dans le même sac, mais les points ci-dessous sont mes observations après de longues années sur place.
1Les Américains sont bien trop susceptibles
Je me demande parfois si le politiquement correct est inscrit dans votre Constitution. Dès ma première visite, j'ai vite compris que je devais presque toujours tourner ma langue sept fois dans ma bouche et, plus agaçant encore, que personne ne me parlait franchement.

On a l'impression que donner son avis est un immense tabou. Impossible de dire franchement à un ami qu'il a fait une connerie. Personne ne vous dira que vous pourriez perdre quelques kilos (gentiment et avec bienveillance, bien sûr). Et il y a beaucoup trop d'euphémismes pour contourner les vérités qui fâchent.
Jusqu'à un certain point, je comprends : dans l'ensemble, les États-Unis font un excellent travail pour empêcher la discrimination des minorités et freiner les discours de haine. Mais au niveau individuel, tout cela édulcore beaucoup trop.
Beaucoup d'Américains que j'ai rencontrés se sentent très seuls, et je pense que c'en est l'une des causes principales. Comment trouver un jour un copain ou une copine si l'ami qui vous connaît bien, et qui tient soi-disant à vous, ne vous dit jamais les choses en face, ni pourquoi vous êtes si fichtrement pénible... pour que vous puissiez enfin changer ! Insulter quelqu'un sans raison, c'est de l'agressivité gratuite, mais la critique constructive, c'est justement à ça que servent les amis.
2Tout est « awesome » !
Je déteste vraiment ce mot, awesome (« génial », « top », « dingue »). Autrefois, il signifiait « terrifiant » ou « vénérable » (« awe » veut dire « crainte révérencielle »), mais aux États-Unis, il ne veut... plus rien dire ! Même pas « bien » : c'est un simple mot de remplissage, comme « euh », « bon » ou « ben ».

C'est LE cliché américain par excellence. Je l'entendais en permanence, au point d'en saigner des oreilles. On balance tellement d'adjectifs exagérément positifs qu'ils finissent par ne plus rien signifier du tout.
Et quand on demande à quelqu'un « Comment ça va ? », la réponse sera toujours « super ! » ou « génial ! », même quand c'est loin d'être le cas.
À force d'employer une positivité aussi agressive, on en dilue le sens et ces mots finissent par devenir neutres. Alors comment exprimer un vrai enthousiasme ? Et bien sûr, quand quelqu'un répond « Bof, ça va », ça veut dire qu'il va au plus mal ! Je ne suis même pas sûr que le mot « mauvais » figure dans le vocabulaire américain. Le pire, c'est que ce phénomène se répand peu à peu dans l'anglais parlé partout dans le monde, et ça, je déteste !
3Un sourire ne veut RIEN DIRE
Quand je croise des Américains à l'étranger, l'une de leurs plaintes favorites, c'est : « Personne ne sourit dans les trams de Prague ! » ou « La serveuse était tellement impolie ! Elle n'a même pas souri ! »

Bon sang, l'Amérique ! Chez vous, c'est exactement l'inverse qui m'énerve : vous souriez beaucoup trop ! Ça finit par me gonfler ! Comment savoir si quelqu'un est sincère ? Et pourquoi diable un inconnu en train de faire ses mots croisés dans le tram devrait-il sourire tout seul comme un idiot ?
Quand les Européens sourient, ça veut vraiment dire quelque chose. Les Allemands, par exemple, ne se promènent pas avec un sourire de pub pour dentifrice américain : quand j'étais avec eux, leur sourire illuminait toute la pièce. On savait qu'il était sincère, et on ne pouvait pas s'empêcher de sourire en retour. On venait de raconter une blague ou une histoire drôle, ou on était amoureux, etc.
Mais on n'a pas besoin de ça à chaque instant ! Quand on sourit en permanence en public, le sourire perd tout son sens. Il paraît qu'un sourire libère des endorphines, mais si le visage ne quitte jamais cette expression, le rêve d'un shoot naturel s'évanouit vite. Je préfère améliorer ma propre vie pour avoir des raisons de sourire, plutôt que de mentir à moi-même et au reste du monde.
J'ai beau avoir l'air un peu grincheux dans cet article (après tout, se plaindre en est tout le sujet), le fait que je dise ce que je pense signifie aussi une chose : quand j'ai l'air heureux, je le suis vraiment. Et ça arrive très souvent :) Mais pas tout le temps !
4Le pourboire
Pour vous, c'est peut-être un atout, mais moi, ça me rendait dingue d'être interrompu toutes les trois minutes par le serveur pour savoir si tout allait bien. Je devais simuler un sourire (c'est la manière américaine, voir plus haut !) et lever le pouce pour qu'il me laisse tranquille, puisque j'avais toujours la bouche pleine. Je ne vois vraiment pas l'intérêt. Si on m'a servi la mauvaise commande et que je me rends soudain compte que je fais une réaction allergique mortelle à votre plat, on le remarquera bien avant que ces trois minutes soient écoulées.

C'est précisément pour ça qu'aller au restaurant est toujours une expérience pénible pour moi. Partout ailleurs dans le monde, on peut appeler le serveur quand on a besoin de quelque chose. Si c'était un intérêt sincère, ou si la personne voulait simplement être aimable, ce serait parfait, mais ce n'est pas le cas. En réalité, il s'agit juste de me rappeler subtilement qu'elle attend un pourboire.
Ça me rendait fou. Je trouve vraiment ridicule que le pourboire soit la principale source de revenus. Si je dois payer de toute façon, mettez-le sur cette fichue addition ! Ce n'est pas un pourboire s'il est obligatoire, bon sang !!!
Une plainte que j'entends régulièrement : le service serait impoli ailleurs, et selon les Américains, ce serait parce que les serveurs ne reçoivent pas de pourboire. Au lieu de vivre du pourboire, les serveurs touchent tout simplement un salaire comme tout le monde et font leur travail. Et s'ils le font assez mal, ils sont renvoyés. Mais apparemment, ne pas sourire au client à pleines dents en permanence, c'est « impoli ».
Le principe du pourboire en soi, je n'ai rien contre, mais toutes les justifications que j'ai entendues pour le pourboire obligatoire ne tiennent pas une seconde dès qu'on en discute. On peut dire que les serveurs et serveuses travaillent dur, qu'ils méritent ce pourboire et ont besoin de plus que le salaire minimum... mais alors, et les enseignants ? Et les infirmières ? Pourquoi n'ont-ils pas de pourboire ? Pourquoi ne pas en donner à tous ceux à qui l'on a affaire, comme les chauffeurs de bus, ou laisser quelques pièces dans la poubelle pour l'éboueur ? C'est incohérent : serveurs, coiffeurs et chauffeurs de taxi devraient simplement nous demander ce qui est dû.
Certains prétendaient, de façon ridicule, que c'est moins cher parce que le restaurant n'augmente pas ses prix, mais on paie la différence de toute façon. Ce à quoi tout cela mène est pourtant très clair :
5Des prix faussés partout
Le pourboire n'est que la partie émergée de l'iceberg. Tout cela n'est qu'une gigantesque arnaque marketing destinée à faire croire aux clients qu'ils paient moins. Le prix affiché sur la carte n'a rien à voir avec ce que l'on paie réellement. En plus du pourboire, il faut bien sûr ajouter les taxes.

Les taxes sont évidemment une nécessité : sans elles, aucun gouvernement au monde ne fonctionnerait. Alors pourquoi nous les cacher ? Je n'arrive vraiment pas à concevoir que les magasins refusent de les inclure dans leurs prix. Le prix affiché ne sert pratiquement à rien. Il dit simplement : « Voilà ce que nous touchons sur votre achat, mais en fait vous devez payer plus. »
Mais je me fiche complètement de ce que VOUS gagnez. Moi, je veux savoir combien je dois payer ! Combien d'argent... dois-je... vous donner ? Faut-il vraiment que je vous fasse un dessin ?
Le plus ridicule, ce sont les fameux « dollar stores ». Si je n'ai qu'un seul dollar en poche, le dollar store me refoule. Le dollar, c'est ce qu'ils encaissent, pas ce que je paie. Vous suivez ? Seul compte le point de vue du magasin.
On m'a expliqué que c'est parce que les taxes diffèrent d'un État à l'autre (et parfois d'un comté à l'autre ??). Je verse une larme pour ces pauvres géants qui vendent dans différents États et qui seraient incapables de demander à leurs magasins ou à leurs gérants régionaux de faire leurs propres calculs avec un taux donné et d'imprimer des étiquettes à ce taux pour leurs millions de clients, tout ça parce que cela causerait un tout petit désagrément au groupe.
Nous avons exactement le même produit, vendu dans de nombreux pays européens (souvent dans le même emballage multilingue), et pourtant quelqu'un dans l'entreprise a trouvé le temps de taper des chiffres à l'avance sur une calculatrice (à 1 euro) pour indiquer aux gens combien ils paient réellement.
Tout cela n'est rien d'autre qu'une gigantesque arnaque marketing. Les prix paraissent plus bas, ce qui est malhonnête. Excellente méthode pour donner aux gens l'impression de payer moins, sauf que le reste du prix tombe au moment de sortir le portefeuille. C'est une part énorme de…
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6Un marketing kitsch et agressif
J'ai envie de m'arracher les yeux avec des cure-dents chaque fois que je dois subir des publicités américaines. Arrêtez, par pitié !

La plupart des Américains ne les remarquent même plus : elles passent si souvent à la télévision qu'elles ne sont plus qu'un bruit de fond. Résultat, les annonceurs doivent redoubler d'imagination pour les atteindre, même si le CALM Act interdit aux chaînes américaines de diffuser des spots plus forts, en volume moyen, que le programme qui les entoure. C'est un cercle vicieux qui rend fou tout non-Américain qui n'y est pas habitué. Pour moi, ce cercle vicieux explique aussi en partie pourquoi tant d'Américains parlent si fort : à force de se faire crier dessus par la pub, on finit par s'habituer à ce volume.
MAIS ATTENDEZ, CE N'EST PAS TOUT !
Un soir, j'ai décidé de regarder un épisode de House sur le câble. Jusque-là, je n'avais vu des séries américaines que sans publicité sur Internet, ou en Europe avec des pubs européennes à intervalles réguliers...
Oh. Mon. Dieu.
Toutes les deux minutes, on est arraché à l'épisode, à tel point qu'au début la pub ressemble à la suite de la série (en Europe, un jingle annonce la coupure, ou quelque chose prévient le spectateur qu'une pause arrive). Ensuite, on est bombardé de spam sans intérêt et d'images « awesome » de gens au bord de l'extase parce qu'ils ont acheté le produit X (disponible uniquement maintenant, en offre spéciale, évidemment !). Et si c'est un médicament, une voix débite à toute vitesse la liste de tous les troubles imaginables qui pourraient survenir comme effets secondaires. Mais au moins, le mannequin kitsch a l'air heureux, alors ce n'est sans doute pas si grave.
Et c'est bien là le truc : les Américains sont des génies du marketing. Impossible de le nier. Chaque fois que j'allais acheter une brique de lait, quelque chose d'inhabituel au supermarché m'attirait vers un truc cher et inutile dont je n'avais aucun besoin. Soit je manquais de l'acheter, soit je l'achetais et je me sentais complètement idiot en sortant du magasin.
À Las Vegas, il suffit d'observer la conception des casinos pour voir avec quelle habileté ils manipulent les gens. Pas de fenêtres, pas d'horloges, des sorties difficiles à trouver, impossible d'aller où l'on veut sans longer des rangées de machines à sous. Les machines elles-mêmes clignotent de partout et diffusent une musique entraînante pour attirer les clients. On se sent hypnotisé. Ils savent exactement ce qu'ils font, et les milliards de dollars qu'ils encaissent le prouvent.
Mais ça reste de la manipulation, et pour ceux d'entre nous qui ne sont pas habitués à tout ce vacarme, c'est tout simplement kitsch. Chaque recoin des États-Unis est tapissé de publicités ou de sponsoring, et je suis aujourd'hui ravi d'avoir quitté le pays. Fini les appels automatiques sur n'importe quelle ligne fixe (y compris dans les hôtels que je payais) pour me vendre je ne sais quoi, fini les prospectus qui débordaient de ma boîte aux lettres.
7Une surconsommation frénétique
Certains aspects de la surconsommation sont difficiles à éviter quand on est cerné en permanence par la publicité, mais parfois, les gens sont eux-mêmes responsables de leur gaspillage.

De loin, le meilleur exemple qui me vient à l'esprit, c'est cette fascination pour Apple. Tant d'Américains dépensent des fortunes pour posséder la toute dernière version de l'iPhone ou du MacBook. En acheter un, c'est très bien (personnellement, j'aime aussi les produits Apple), il y a de bons arguments en leur faveur, et j'ai de toute façon besoin d'un iPad pour mon travail technique avec certaines applications. J'aime avoir un bon smartphone et un bon ordinateur portable, et je suis un consommateur, tout comme vous si vous possédez un Apple.
Le problème commence quand on remplace son iPhone 7 par un iPhone 8 sans aucune raison, en suivant un troupeau de millions d'autres moutons. C'est la surconsommation absurde et gaspilleuse dans toute sa splendeur.
J'en ai profité il y a quelques années, quand je vivais à Austin et que seul l'iPad original existait. J'ai attendu l'annonce de l'iPad 2 et, comme prévu, 20 nouvelles annonces apparaissaient chaque minute sur Craigslist, rien que dans la ville, postées par des fans désespérés qui voulaient vendre leur iPad 1. J'ai convaincu un type de me céder le sien, avec son étui-clavier Bluetooth, pour un quart du prix d'origine, deux mois seulement après l'avoir acheté ! Il lui fallait absolument la nouvelle version, un poil plus fine et plus rapide, dotée d'une caméra qui vous donnait l'air d'un parfait idiot quand vous pointiez l'iPad vers quelque chose, mais par ailleurs strictement identique.
Personnellement, je ne remplace mon smartphone que lorsqu'il rend l'âme à force d'usure ou que je le fais tomber par mégarde dans l'océan. Je suis moi aussi un consommateur et il m'arrive d'acheter des choses dont je n'ai pas besoin, mais remplacer quelque chose que j'ai déjà par un modèle à peine meilleur, je ne le comprendrai jamais.
Le pire, c'est que ces mêmes personnes affirment parfois ne pas avoir beaucoup d'argent, tout en inscrivant les produits Apple sur leur liste de « nécessités ». Le petit malin qui m'a vendu son iPad a soupiré quand je lui ai dit ce que je faisais dans la vie et à quel point je voyageais pour le travail. Il m'a dit qu'il aimerait bien avoir les moyens de voyager. Moi, j'aurais aimé qu'il ait le bon sens de comprendre qu'il lui resterait beaucoup d'argent s'il arrêtait de le gaspiller.
8Les origines
Aucun Américain que vous rencontrez n'est vraiment américain. Il est un quart polonais, 3/17 italien, issu de dix autres pays au hasard et, bien sûr, à moitié allemand. L'Allemagne étant plus homogène, j'ai du mal à apprécier tout ça, alors pour être honnête, je me fiche complètement de savoir si votre arrière-arrière-grand-père avait un toiletteur pour chiens dont le colocataire venait d'Allemagne. Ça m'est parfaitement égal.

Le nombre de personnes qui s'exclamaient « Oh mon DIEU, moi aussi !! » chaque fois que je disais venir d'Allemagne était tout simplement ridicule. J'utilise les adjectifs de nationalité de façon plus restrictive que les Américains, donc c'était une de mes petites bêtes noires. J'ai fini par comprendre que « Je viens d'Allemagne » exprimait mieux ce que je voulais dire que « Je suis allemand ».
Je ne dis pas que je ne respecte pas les origines des autres (la diversité rend un pays plus intéressant), mais quand les gens commencent à en parler comme si c'était génétique, comme si leurs origines italiennes les rendaient plus passionnés et leurs origines irlandaises meilleurs buveurs, je ne peux m'empêcher de lever les yeux au ciel.
Je dois toutefois préciser que c'est une question d'usage de la langue : « German » signifie en réalité « germano-américain », si je comprends bien. Très bien, mais ce que je veux dire, c'est que les personnes réellement originaires du pays en question (nées et élevées là-bas) trouvent ça agaçant. Aucune des deux façons n'est la bonne, mais il est important de comprendre qu'il est peut-être plus approprié de dire « J'ai des ancêtres allemands » quand on parle à quelqu'un de ce pays. Surtout quand on parle d'autres langues.
9Contrôles d'identité et lois absurdes sur l'alcool
Sérieusement. Je vous promets que je n'ai pas douze ans. « Laissez-moi entrer en boîte, s'il vous plaît ! » J'ai même vu des personnes de 60 ans se faire demander leur pièce d'identité. Nulle part ailleurs au monde on ne me demande mes papiers, maintenant que j'ai la 40aine. Parfois, je n'avais pas mon passeport sur moi (le document le plus important que je possède, sur lequel je n'ai aucune envie de renverser de la bière), et on m'a tout simplement refusé l'entrée.

Je trouve incroyable qu'on ne puisse boire qu'à partir de 21 ans, alors qu'on donne le permis de conduire à 16 ans et qu'on peut acheter un fusil dès 18 ans. Dans la plupart des États, on n'a pas le droit de se promener dehors avec de l'alcool (mais si on le boit dans un sac en papier kraft, tout va bien). Ces lois n'ont aucun sens à mes yeux.
10Les grandes chaînes gagnent à chaque fois, pas les petits commerces
Il y a beaucoup d'arguments contre un marché réduit à une poignée de grands groupes qui se font concurrence, mais ma principale inquiétude concerne l'accessibilité.

Quand tout le monde achète sa nourriture chez Walmart et Whole Foods, et nulle part ailleurs, ces magasins grossissent et se retrouvent souvent séparés par de longs trajets en voiture. Et entre les deux ? Un désert.
Un jour, j'étais dans le centre de Chicago et je voulais simplement acheter de quoi manger, mais après une heure de marche, la seule option bon marché était Dunkin' Donuts. Il existe plein d'endroits pas chers à Chicago, mais il faut y aller en voiture, ou se trouver dans un quartier précis plein de restaurants (et le savoir à l'avance). La concurrence entre les grandes chaînes est tout simplement trop forte pour laisser aux petits commerces la place de s'implanter facilement en ville.
Déposez-moi dans n'importe quelle grande ville européenne, et je trouve à manger en quelques minutes. Faites la même chose aux États-Unis, même en centre-ville, hors quartier de restaurants et sans téléphone ni voiture, et je meurs de faim. C'est l'un des principaux facteurs de l'un de mes plus gros problèmes aux États-Unis :(
11Un pays conçu pour les voitures, pas pour les gens
Les États-Unis sont un enfer pour les piétons. C'est le pire endroit au monde où vivre quand on n'a pas de voiture.

Lors de mes premiers voyages aux États-Unis, j'ai eu la vie dure : je comptais en permanence sur les transports en commun (utilisables dans certaines grandes villes, mais à mon avis jamais au niveau d'un pays industrialisé) ou sur un ami de l'époque. Dans la plupart des villes, sans voiture, on ne peut tout simplement rien faire. À quelques exceptions près (comme San Francisco ou New York), commerces, restaurants bon marché, supermarchés, magasins d'électronique, etc. sont à des kilomètres les uns des autres.
J'adore Austin, mais j'ai trouvé ridicule qu'elle soit classée parmi les villes les plus « piétonnes » des États-Unis. J'habitais juste à l'extérieur du centre, à distance de marche, et pourtant une bonne partie de mon trajet n'avait pas de trottoir. Le centre-ville se parcourait à pied, mais la plupart des gens vivaient juste en dehors et devaient s'y rendre en voiture.
Le plus étrange, c'était ce sentiment de solitude dans chaque ville américaine que je traversais. Bien souvent, j'étais le seul piéton de tout le pâté de maisons, même en semaine en plein centre-ville ! Tout le pays est pensé pour monter en voiture, rouler jusqu'à destination et descendre. Pas de promenades.
Partir à pied en espérant tomber sur un endroit où manger (comme je le ferais dans n'importe quelle ville européenne) était à chaque fois une très mauvaise idée si l'on n'avait pas consulté Yelp avant.
Lors de mes séjours plus récents, j'ai loué une voiture pour la majeure partie du temps, et tout est devenu bien plus pratique, mais j'avais vraiment l'impression de ne plus me servir de mes pieds que pour l'accélérateur.
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12Toujours pressés.
Aux États-Unis, beaucoup trop de choses vont trop vite à mon goût. Le fast-food, on l'a désormais partout dans le monde. Mais même dans un restaurant chic, on vous sert moins de cinq minutes après la commande ! Pourquoi tant de hâte ? Les gens ne semblent pas avoir la patience de consacrer du temps à améliorer les choses quand il n'y a pas d'argent à la clé.

Les Américains sont aussi très ponctuels, car le temps, c'est de l'argent, bien sûr. Beaucoup gagneraient à simplement profiter de la vie et à arriver en retard, pour une fois, parce qu'ils ont pris leur temps.
Malgré toute cette positivité de façade, je trouve les Américains plus stressés et plus malheureux que tous les autres peuples de la planète. Avec toutes leurs ressources et tout leur argent, ils sont plus tristes que des gens que je connais qui arrivent à peine à joindre les deux bouts, mais savent vivre l'instant présent.
Cette course vers la ligne d'arrivée, vers le million de dollars à la banque ou la promotion, et la façon dont elle dicte toute une vie, je la trouve triste.
13L'obsession de l'argent
J'ai rencontré bien trop de gens plus intéressés par leur solde bancaire que par leur propre qualité de vie. Des gens plus riches que je ne pourrai jamais l'imaginer, et pourtant déprimés. Pour eux, gagner plus semble être la seule façon de régler les problèmes.

Ils ne voyagent pas parce qu'ils pensent qu'il leur faudrait des dizaines de milliers de dollars (ce qui est tout simplement faux), et ils ne profitent pas de la journée de peur de rater une opportunité d'affaires.
Aucun objectif n'est jamais assez grand : plus de richesse, plus de célébrité, plus de pouvoir. C'est la nature humaine, et on la retrouve évidemment dans tous les pays du monde, mais je crois que les États-Unis l'amplifient au point que, pour certains, cela devient le but de la vie et la priorité absolue. C'est précisément cette conviction que plus, c'est toujours mieux, qui façonne à mes yeux la mentalité américaine, bien plus que le plus large des sourires.
14Des portions démesurées
Outre le fait qu'on ne parle pas franchement aux personnes en surpoids, le plus gros problème, ce sont les portions beaucoup trop généreuses au restaurant. Chaque fois que je commandais une petite portion, j'en ressortais complètement repu. « Petit » n'a pas du tout le même sens pour moi que pour les Américains. Dans la plupart des endroits, si vous commandez autre chose qu'une entrée ou une salade, vous recevez plus que de raison.

Enfant, on me rappelait sans cesse les enfants qui mouraient de faim en Afrique, alors je culpabilise si je ne finis pas mon assiette. Pendant les quelques mois passés aux États-Unis, ce fut une catastrophe : j'ai pris BEAUCOUP de poids ! J'aurais dû demander un « doggy bag » (un sac pour emporter les restes) presque à chaque fois.
J'ai appris à ne plus commander de soda, car quand le restaurant propose les recharges gratuites, je me sens obligé de boire davantage... après tout, c'est gratuit. Beurk !
15Une vision déformée du monde et l'exceptionnalisme américain
Dernière chose qui m'agace : cette perception déformée de la place de l'Amérique dans le monde. Les Américains me demandent sans arrêt si j'ai peur de voyager en Europe. J'ai trouvé bien plus angoissant de marcher la nuit dans certains quartiers du centre de San Francisco ou de Chicago que dans les quartiers « louches » de Londres ou de Berlin, où il y a au moins du monde dans la rue.

Et je trouve assez inquiétant d'être dans un pays où pratiquement n'importe qui peut acheter légalement un revolver.
L'Amérique a une drôle de vision d'elle-même en « pays de la liberté », et elle l'était sûrement... il y a 200 ans, par rapport aux autres États occidentaux de l'époque (en oubliant bien sûr les problèmes qui régnaient partout, comme l'absence de liberté pour certaines races et pour les femmes). Mais aujourd'hui, la majeure partie de l'Europe de l'Ouest est tout aussi libre, voire plus, et offre des opportunités à tous les niveaux. L'Amérique est certes un meilleur endroit, avec un niveau de vie plus élevé que la plupart des autres pays, mais dans le monde occidental, la liberté d'expression et la tolérance pour tous sont généralement la norme, et pas seulement aux États-Unis.
Il n'existe pas de meilleur pays. Mais ceux qui répètent sans cesse que l'Amérique est numéro un sont en général ceux qui n'ont jamais, ou presque jamais, voyagé hors des États-Unis.
Et si l'on disait plutôt que l'Amérique est formidable, ou même « awesome » ? Je pense que le patriotisme est une belle qualité et que nous devrions tous être fiers de l'endroit où nous sommes nés.
Mais le nationalisme (la conviction que les autres pays sont inférieurs) est un terrible défaut.
Si, après ce coup de gueule, vous avez toujours (ou justement maintenant) envie d'Amérique : dans notre rubrique Vivre aux États-Unis, nous montrons aussi les beaux côtés du pays.
Une heure avec l'équipe : votre situation, vos questions, une réponse claire.
- Un coup de gueule avec un clin d'œil, écrit après de nombreuses années aux États-Unis, et volontairement pas sur la politique ou l'économie, mais sur le quotidien.
- La susceptibilité, l'éternel « awesome » et un sourire qui ne veut rien dire rendent les échanges fatigants.
- Les pourboires, les prix affichés hors taxes, le marketing agressif et la frénésie de consommation coûtent des nerfs et de l'argent.
- S'y ajoutent les contrôles d'identité, les grands groupes, un pays fait pour les voitures plutôt que pour les gens, la précipitation, l'argent et les portions géantes.
- Et pour finir, l'exceptionnalisme américain : le patriotisme oui, le nationalisme non.
Comment nous vous aidons
- S'installer aux États-UnisVisa, compte bancaire, impôts et lieu de vie : votre installation avec Mount Bonnell Advisors.
- Feuille de route visaPar écrit : le visa qui convient à vous et à votre famille, établi avec l'avocat en immigration de l'équipe.
- Création de société aux États-UnisLLC, Inc ou LP au Delaware, en Floride, en Californie, à New York, au Texas ou au Wyoming.
- ConsultationUne heure avec l'équipe : votre situation, vos questions, une réponse claire.
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