Entrer en bourse avec un chèque en blanc : ce que les SPAC offrent aux entreprises européennes
SPAC : un acronyme qui a fait vibrer le monde des entrepreneurs en 2021 et 2022. La raison ? La Special Purpose Acquisition Company permet d'accélérer l'entrée en bourse. On vous explique tout ici.
Première question : qu'est-ce qu'une SPAC, au juste ? L'acronyme signifie Special Purpose Acquisition Company. Tout est dans le nom. Une SPAC sert à acquérir une entreprise privée pour l'introduire en bourse. Aux États-Unis, cette entrée en bourse simplifiée est déjà courante. Exemple célèbre : Virgin Galactic, la société de Richard Branson, qui a ainsi contourné la voie classique de l'IPO (Initial Public Offering, introduction en bourse).
Quelle différence entre une IPO par SPAC et une IPO traditionnelle ?
Dans une IPO traditionnelle, l'entreprise privée se fraie un chemin vers le marché boursier avec des banques d'investissement et des analystes financiers, en respectant de lourdes obligations, vérifications et exigences. La procédure est longue, très contrôlée et coûteuse. Les SPAC, elles, sont des sociétés « chèque en blanc ». Elles sont créées dans le seul but de racheter une entreprise privée. Une SPAC n'exerce aucune activité économique propre : elle existe uniquement pour franchir les étapes formelles de l'entrée en bourse. Ensuite, elle cherche des investisseurs, en indiquant clairement qu'il s'agit d'une coquille vide. Les investisseurs potentiels ne savent donc souvent pas quelle entreprise la SPAC finira par racheter. À ce stade, on leur communique généralement les seuls critères financiers et le secteur visés par les dirigeants de la SPAC. C'est pourquoi l'équipe de direction joue un rôle décisif. Qui s'est déjà forgé un nom de confiance dans la finance trouvera plus facilement des investisseurs. Le géant des hedge funds Bill Ackman a ainsi levé en juillet 2020, en pleine première phase de la pandémie, quatre milliards de dollars pour sa SPAC, qui a ensuite servi à acquérir des parts d'Universal Music Group. Richard Branson est aussi un grand adepte des SPAC : il a notamment permis par ce biais l'entrée en bourse de 23andMe, la célèbre société de tests ADN. Branson a laissé entendre qu'il créerait sa prochaine SPAC à Amsterdam pour renforcer en Europe cette tendance déjà bien établie aux États-Unis.
Quels sont donc les avantages d'une SPAC ?
- Un gain de temps : l'entrée en bourse traditionnelle d'une entreprise privée peut prendre plusieurs années. Une SPAC, elle, se crée en quelques mois. Si la SPAC est déjà cotée, le rapprochement des deux entreprises demande bien moins d'efforts.
- Des prix fixés d'avance : la SPAC étant créée pour racheter une entreprise privée, le prix est négocié au préalable entre les parties. L'entreprise n'est donc pas exposée aux mêmes fluctuations des marchés que lors d'une IPO classique, ce qui lui offre davantage de sécurité financière. Ce facteur explique sans doute en grande partie la multiplication des SPAC pendant la pandémie.
- Des contrôles moins stricts : n'étant pas des entreprises actives, les SPAC accèdent souvent plus facilement à la bourse. Le capital est levé auprès d'investisseurs et les comptes sont bien plus simples que ceux d'une entreprise en activité depuis des années. L'évaluation de la valeur réelle de l'IPO s'en trouve aussi simplifiée.
Ce que les SPAC changent pour les entreprises européennes en croissance
Pendant que la bourse américaine connaît un boom grâce aux SPAC en pleine pandémie, l'Europe reste bien plus calme. Pourtant, cette vague pourrait donner un coup d'accélérateur aux entrepreneurs européens. Après tout, l'entrée en bourse est l'objectif de toute entreprise en croissance pour attirer des capitaux. Aujourd'hui, Amsterdam passe pour offrir le meilleur cadre d'Europe pour créer une SPAC. L'ancien patron de la Commerzbank, Martin Blessing, défend lui aussi les SPAC. Son objectif : permettre l'entrée en bourse d'une FinTech grâce à une SPAC européenne. Cette coquille, baptisée European FinTech IPO Company, devait lever à l'origine jusqu'à 415 millions d'euros. Elle en a finalement levé 383 millions. Car entre-temps, Martin Blessing a trouvé sa cible. Ce n'est pas une FinTech, mais la société néerlandaise Azerion, valorisée à 1,3 milliard d'euros lors de son entrée en bourse. Azerion place de la publicité dans les jeux en ligne.
L'exemple européen de HomeToGo
En septembre dernier, la plateforme de voyage HomeToGo a fait parler d'elle avec son entrée en bourse par SPAC. Le rachat a été mené par la Lakestar SPAC de Klaus Hommels, investisseur réputé dans les start-up. L'objectif de capital n'a toutefois pas été atteint : HomeToGo espérait 350 millions d'euros. Les actionnaires de la Lakestar SPAC devaient échanger leurs actions contre des actions HomeToGo, mais environ 37 % d'entre eux ont voté contre. Au final, le capital de départ s'est élevé à environ 250 millions d'euros, soit 100 millions de moins que prévu. La Lakestar SPAC était cotée depuis février 2021 et cherchait depuis la bonne entreprise. Cet exemple le montre bien : la confiance des investisseurs dans la direction de la SPAC est essentielle. Si la mauvaise entreprise est rachetée, le rêve du super-rendement s'envole. Mais une chose est sûre : les SPAC offrent des conditions idéales pour accélérer la croissance d'une entreprise.
Les entrées en bourse réussies des SPAC de Martin Blessing et Klaus Hommels le prouvent : la SPAC est une alternative tout à fait intéressante à l'IPO traditionnelle. Vous envisagez de créer une SPAC ? Nous vous accompagnons volontiers dans l'analyse des risques et de l'adéquation. Nous vous renseignons aussi en détail sur le déroulement et les étapes formelles nécessaires. Pour en savoir plus sur l'implantation sur le marché américain et d'autres nouvelles, rendez-vous dans Actualités.
Conseil et mise en œuvre
Pour savoir ce que cela signifie dans votre situation personnelle, le mieux est de réserver une consultation.